Textes pour l’Adieu

Pour conclure la célébration, un mot d’adieu peut être rédigé et lu par un membre de la famille ou un ami.
Un texte, un poème inspiré  par la foi et l’espérance chrétienne peut également conclure la célébration :

Le voilier

Le voilier

je suis debout au bord de la plage.
Un voilier passe dans la brume du matin
et part vers l'océan.
Il est la beauté, il est la vie.
je le regarde jusqu'à ce qu'il disparaisse à l'horizon.

Quelqu'un à côté dit : "il est parti"
parti vers où ?
Parti de mon regard, c'est tout.
Son mât est toujours aussi haut.
Sa coque a toujours la force de porter
sa charge humaine.

Sa disparition totale de ma vue
est en moi, pas en lui.
Et juste au moment où quelqu'un,
près de moi, dit : "il est parti !"
Il y en d'autres qui, le voyant
poindre à l'horizon et venir vers eux,
s'exclament : le voilà !".

Pour toi

Pour toi

Pour toi, [mon époux et fidèle compagnon]
de nos joies et de nos épreuves en cette vie,
je te redis tout mon amour.

Pour nous tes enfants,
tu demeures à jamais avec nous
et tu continues de nous accompagner
sur nos routes.

Pour toi, qui es notre [grand-père]
nous gardons ton souvenir
au plus profond de nos cœurs.

Pour toi, [ … ] , tous tes parents et amis
te redisent en ce jour
l'affection et l'amitié qu'ils te portent.

Pour tous les hommes,
afin que leur vie sur terre
devienne plus fraternelle et plus juste,
ensemble prions !

 

Et un sourire

Et un sourire

La nuit n'est jamais complète
il y a toujours puisque je le dis
puisque je l'affirme,
au bout du chagrin, une fenêtre ouverte
une fenêtre éclairée.

Il y a toujours un rêve qui veille
désir à combler, faim à satisfaire,
un cœur généreux,
une main tendue, une main ouverte,
des yeux attentifs,
une vie, la vie à se partager.

Paul ELUARD

Ton visage

Ton visage

Ton parcours est terminé. Le mien se prolonge
dans le sillage du tien, du nôtre, car tu détesterais
me voir séparer le tien du nôtre.
Pour pouvoir faire face, je me répète sans cesse
que je t'ai conduitejusqu'au port
que, jusqu'au bout j'ai été, tout près de toi,
ton plus solide, comme tu disais.
Cela m'aide à surmonter le désespoir.
Tu as été mon âme de confiance
et je crois avoir été la tienne.
Aux heures de perplexité je m'interroge
comme autrefois
et n'ai pas de peine à deviner ta réponse.
J'avais fait de toi mon centre de vie.
Il y eut, la dernière nuit, ton cadavre,
ce trou au milieu de ma vie,
ce trou qui a grandi et tout rempli.
Peu à peu, j'ai pu te remettre au centre,
avec ton visage de vivante, heureuse et riante.
L'infini, c'est l'infini d'un visage.

Jacques de Bourbon-Busset

Plus personne

Plus personne

Il y aura d'autres étés
d'autres grillons feront leurs gammes
dans d'autres blés
on croisera sur la route d'autre dames […]

On dira (mais se seront d'autres)
il faudrait un bon coup de pluie
ça ferait du bien aux récoltes
les mots feront le même bruit

Mais plus personneplus personne
ne se servira de mon cœur à moi
ni de ta voix à toi qui résonne
dans mon oreille et mon corps à moi.

Claude Roy

L'absent

L'absent

Qu'elle est lourde à porter l'absence de l'ami,
L'ami qui tous le soirs venait à cette table
et qui ne viendra plus, la mort est misérable,
qui poignarde le cœur et qui le déconstruit.

Il avait dit un jour : "lorsque je partirai
pour les lointains pays au delà de la terre,
vous ne pleurerez pas, vous lèverez vos verres
et vous boirez pour moi à mon éternité."

Le vie de chaque jour aux minuscules joies
veut remplir à tout prix le vide de l'absence
mais elle ne pourra pas avec ses manigances,
me prendre mon ami pour la seconde fois.

Louis Amade

Pour aller dans une étoile

Pour aller dans une étoile

Toujours la vue des étoiles me fait rêver,
aussi simplement que me donnent à rêver
les points noirs représentant sur la carte géographique villes et villages.
Pourquoi, me dis-je, les points lumineux du firmament
nous seraient-ils moins accessibles que les points noirs
sur la carte de France ?

Si nous prenons le train pour nous rendre
à Tarascon ou à Rouen,
nous prenons la mort pour aller dans une étoile.

Ce qui est certainement vrai dans ce raisonnement,
c'est qu'étant en vie,
nous ne pouvons pas nous rendre dans une étoile,
pas plus qu'étant morts, nous puissions prendre le train.
Enfin, il me semble pas impossible
que le choléra, la gravelle, la phtisie, le cancer,
soient des moyens de locomotion céleste,
comme les bateaux vapeur, les omnibus et le chemin de fer en sont des terrestres.

Mourir tranquillement de vieillesse serait d'y aller à pied.

Vincent Van Gogh

Quelqu'un meurt

Quelqu’un meurt,
Et c’est comme des pas
Qui s’arrêtent.
Mais si c’était un départ
Pour un nouveau voyage...

Quelqu’un meurt,
Et c’est comme une porte
Qui claque.
Mais si c’était un passage
S’ouvrant sur d’autres paysages...

Quelqu’un meurt,
Et c’est comme un arbre
Qui tombe.
Mais si c’était une graine
Germant dans une terre nouvelle...

Quelqu’un meurt,
Et c’est comme un silence
Qui hurle.
Mais s’il nous aidait à entendre
La fragile musique de la vie...

Ne pleure pas devant ma tombe

Ne pleure pas devant ma tombe

Ne reste pas à pleurer devant ma tombe,
Je n’y suis pas, je n’y dors pas …
Je suis le vent qui souffle dans les arbres

Je suis le scintillement du diamant sur la neige

Je suis la lumière du soleil sur le grain mûr

Je suis la douce pluie d’automne…

Quand tu te réveilles dans le calme du matin,

Je suis l’envol de ces oiseaux silencieux

Qui tournoient dans le ciel…

Alors ne reste pas là à te lamenter devant ma tombe

Je n’y suis pas, je ne suis pas mort !

Pourquoi serais-je hors de ta vie simplement

Parce que je suis hors de ta vue ?

La mort tu le sais, ce rien du tout.

Je suis juste passé de l’autre côté.

Je suis moi et tu es toi.

Quelque soit ce que nous étions l’un pour l’autre avant.

Nous le resterons toujours.
Pour parler de moi, utilise le prénom
avec lequel tu m’as toujours appelé.

Parle de moi simplement comme tu l’as toujours fait.

Ne change pas de ton, ne prends pas un air grave et triste.

Ris comme avant aux blagues qu’ensemble nous apprécions tant.

Joue, souris, pense à moi, vis pour moi et avec moi.

Laisse mon prénom être le chant réconfortant qu’il a toujours été.

Prononce-le avec simplicité et naturel, 

Sans aucune marque de regret.

La vie signifie tout ce qu’elle a toujours signifié.

Tout est toujours pareil, elle continue, le fil n’est pas rompu.

Qu’est-ce que la mort sinon un passage ?

Relativise et laisse couler toutes les agressions de la vie,

Pense et parle toujours de moi autour de toi et tu verras,

Tout ira bien

Tu sais, je t’entends, je ne suis pas loin,

Je suis là, juste de l’autre côté.

Mary-Elizabeth Frye